Les anglais ont tranché. Le processus de sorti du Royaume-Uni de l’Union Européenne est engagé. Entre remise en cause des interconnexions d’aujourd’hui et réflexions sur l’avenir, j’essaie de me faire devin. #Brexit

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Difficile de se mettre à la place des britanniques

C’est toujours difficile de se faire un avis quand on vit dans un autre pays. Mais je n’imaginais pas les britanniques quitter l’Europe. Pour moi, l’Europe c’est avant tout Royaume-Uni, Allemagne et France. Alors on pourra toujours dire que les anglais se sont volontairement maintenu en dehors de la consolidation de l’Union mais c’est quand même une sacrée décision.

Le titre de mon article est évocateur de mon sentiment actuel. L’Union Européenne vient de changer.

Au moins, la situation du Royaume-Uni est claire vis-à-vis de l’Europe

Bizarrement, je ne suis pas déçu ou triste. En effet, la situation anglaise de négociation constante vis-à-vis de l’Europe n’était pas saine. Ils n’ont jamais adhéré au projet et ne prenaient que ce qui les intéressait. Au moins cette décision aura l’effet positif de clarifier la situation, le projet européen étant déjà suffisamment complexe.

Ce qui est moins clair, c’est la partition profonde du Royaume-Uni en deux camps ennemis. Ce referendum amène une décision capitale alors que la population est clairement coupée en deux. 52 personnes sur 100, ce n’est pas franchement ce que j’appelle un plébiscite. Mais les principes démocratiques ont parlé et les démarches politicardes ont affaibli l’union nationale.

L’avenir a été choisi par les plus anciens

Mon seul regret vient de l’analyse des votants :

  • 18-24: 75% Remain
  • 25-49: 56% Remain
  • 50-64: 44% Remain
  • 65+: 39% Remain

Il est clair que ce sont les britanniques de plus de 50 ans qui ont voté pour le Brexit. J’en conclus qu’il ne faut jamais négliger la force du « s’était mieux avant » qui existe dans tout les pays. Mais c’est dommage pour les jeunes générations qui, nées dedans, croyaient peut être davantage dans le projet européen. Elles devront faire sans désormais.

Le futur ? Les conséquences ?

À chaud, je pense sincèrement que c’est une erreur pour la Grande Bretagne de quitter l’Union Européenne. Et les jeunes générations devront assumer la décision des anciens. À froid, je pense que les négociations de sortie porteront essentiellement sur la préservation de l’espace économique et qu’au final le chamboulement, notamment boursier et médiatique, n’est pas justifié. Le Royaume-Uni va ressembler de plus en plus à la Suisse, incorporée économiquement mais indépendante politiquement, pour l’immigration et la défense.

L’Écosse semble désormais se diriger vers un nouveau référendum avec une double question : quitter le Royaume-Uni ? Pour retourner dans l’Union Européenne ? Le Pays-de-Galle et l’Irlande du Nord ne semblent pas se désolidariser de l’Angleterre.

Pour les entreprises, il y aura des difficultés supplémentaires à court terme. Les grandes entreprises devraient pouvoir traverser les turbulences sans grandes difficultés. Pour les plus petites, il faut espérer que les changements monétaires ne seront pas trop importants. De plus, je ne vois pas le Royaume-Uni rétablir des taxes à l’importation.

Pour les touristes, pas de changements apparents vus le contrôle des passeports qui avait déjà lieu. Au mieux, la faiblesse actuelle de la Livre Sterling permettra d’avoir un meilleur pouvoir d’achat (ce qui est largement repris sur Twitter « On va enfin pouvoir se payer une pizza à Londres »). De plus, si la logique du raisonnement est appliquée à 100%, les touristes venant de l’Union Européenne n’auraient plus à payer la TVA sur le territoire britannique.

Pour la population, les français devront surement avoir un visa pour se rendre ou rester en Angleterre. Les anglais devraient être dans la même situation vis-à-vis de l’Europe. Si la faiblesse de la Livre Sterling se confirmait, ils voyageront moins facilement et feraient face à de l’inflation dans leur pays.

Pour l’Union Européenne, il va peut être falloir que les fonctionnaires européens se remettent en question et amènent davantage de démocratie au sein des pays membres. En effet, il existe un sentiment fort de dictature des élites européennes qui n’ont pas été élus par la population. Autrement, pour le projet européen, je pense que le projet de défense commune vient de tomber à l’eau. Il n’est pas crédible de le continuer sans la Grande-Bretagne.

Mémo : la Grande Bretagne c’est l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Écosse. Le Royaume-Uni c’est la Grande Bretagne, les petites îles voisines et l’Irlande du Nord. Je l’utilise indistinctement dans cet article mais c’est un abus.

Le Brexit n’est pas un thème normal pour le blog Shaker Space mais je me sentais l’envie d’analyser les conséquence d’un tel référendum alors autant le publier. J’espère que mes réflexions vous auront servi. Si vous aviez des avis contraires (ou non), je serai heureux d’en débattre dans les commentaires.